• couverture livre


    Auteur: Bernard Lenteric
    Date de publication: 1982
    Editions:France loisirs
    Pages: 286
    Mon avis
    * Cela arriva sous terre, la nuit, dans cette immense salle insonorisé où ça clignotait et cliquetait doucement.*

    Cela se passe une nuit, dans Central Park, à New York: sept adolescents sont sauvagement agressés, battus, violés même. Mais ces sept-là ne sont pas comme les autres: ce sont des enfants-génies.
    De l'horreur, ils vont tirer contre le monde une haine froide, mathématique, éternelle. Avec leur intelligence, ils volent des centaines de millions de dollars, ils accumulent les crimes parfaits. Car ces sept-là ne sont pas sept: ils sont un.
    Un extraordinaire ordinateur les aide à accomplir leurs pires forfaits: "Fozzy" qui peut effectuer 240 millions d'opérations différentes par seconde, devine tout, prévoit tout et peut même prendre la voix des plus célèbres acteurs d'Hollywood.
    Celui qui a tout compris - le seul qui peut lutter contre les diaboliques machinations des petits génies - c'est Jimbo Farrar, le meilleur informaticien de la planète. A moins qu'il ne soit de leur côté... Cela, personne ne le sait.
    Mais si les sept étaient huit, alors le monde serait à eux, ce serait la nuit, la longue nuit - "la nuit des enfants rois".
    Ecrit dans les années 70, ce roman policier fantastique de Bernard Lenteric a pour point de départ une idée très intéressante: celle de la rencontre de sept enfants génies, qui se produit grâce à un informaticien, Jimbo, très intelligent lui aussi, et son ordinateur "Fozzy" le plus performant du monde. Cette machine est en quelque sorte le centre de l'histoire car le lecteur s'aperçoit rapidement que tout se rapporte à elle ou à l'informatique en général. Certains passages sont relativement techniques, mais on s'attache très vite au personnage de Jimbo et à ses habitudes un peu bizarres.
    L'intrigue en elle-même met plusieurs dizaines de pages avant de commencer réellement. On a un grand nombre de détails - qui ne sont pas forcément indispensables - sur l'enfance des "sept", comme sont surnommés les génies, et le déroulement de l'expérience qui a permis de les trouver, mais peu d'informations sur leur caractère à proprement parler. Il en est de même pour tous les autres personnages: leur psychologie est très peu développée et par conséquent, le livre perd une partie de l'intérêt qu'il aurait pu avoir. Au contraire, les actions des enfants, ainsi que les moyens qu'ils utilisent pour atteindre leurs objectifs sont très détaillés.
    Le résumé laisse présager que nous serons plongés dans le fantastique. C'est en effet le cas dès le début (il ne faut pas oublier que ce livre a été écrit avant l'apparition de toutes les nouvelles technologies dont nous bénéficions aujourd'hui), mais à mesure que le lecteur avance dans le roman, les faits deviennent de plus en plus invraisemblables et les enchaînements sont souvent quelque peu difficiles à comprendre. La fin survient tout à coup, de manière très - voire trop - rapide et nous laisse avec de nombreuses questions, notamment sur le choix des personnages et de leurs actions. Le suspense est toutefois bien gardé et la tension augmente graduellement tout au long de l'intrigue.
    L'histoire en elle-même est très intéressante et bien trouvée, mais elle n'est pas suffisamment exploitée. Certains aspects auraient dû être plus développés pour accompagner efficacement la montée du suspense qui, avec les éléments fantastiques, constitue le centre d'intérêt de ce livre. Malgré plusieurs défauts, on se sent vite pris dans l'histoire, qui reste un thriller divertissant.


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  • book cover
    Author: Dan Millman
    Publication date: 1980
    Publisher: H J Kramer
    Pages: 215
    My opinion

    *There are no ordinary moments*

    Despite his success, college student and worl-champion athlete Dan Millman is haunted by a feeling that something is missing from his life. Awakened one night by dark dreams, he wanders into an all-night gas station. There he meets an old man named Socrates, and his world is changed forever. Guided by this eccentric old warrior and drawn to an elusive young woman named Joy, Dan begins a spiritual odyssey into realms of light and shadow, romance and mystery. His journey leads him toward a final confrontation that will deliver or destroy him.
    ‘A book that changes life’, states the cover… Partly novel, partly autobiography, partly self-help guide, partly philosophical book, Way of the peaceful warrior contains a range of details that can actually be life changing for anybody.
    Dan Millman inspired himself from his own story to write young athlete Dan’s story and discovery of the world: Despite his successful career as a gymnast and his easy college life, Dan has the feeling that something is not quite right in his life. One night, as he cannot go to sleep, he meets a strange old man he names Socrates. Guided by this warrior, he begins a spiritual odyssey that will change his life forever.
    I did not know what to expect when I first opened the book. To be honest, I had bought it because of the author and the background: gymnastics. Knowing that Dan Millman was an athlete and being a gymnast myself, I thought this book could only be of interest to me.
    I was right, but not in the way I had expected. As I said before, gymnastics is merely the background, and clearly not the main theme of the novel. The scenes in which Dan performs at a contest or in the training hall, however, are full of details and accurately described. The knowledge of the author on the subject shows subtly, which I really enjoyed. The choice of gymnastics is not innocent. Dan Millman was part of the trampoline team, so he knows about it, but this is probably not the only reason for his choice. Gymnastics is a sport in which you have to be able to imaging yourself doing your routine, and so your state of mind is extremely important, which is ideal for that kind of book. In each scene where characters perform gymnastics exercises, their thoughts are always accurately described and we can then understand the link between sport and everyday life.
    The lessons Socrates teaches Dan are put in a simple and understandable way. Most readers willing to use them in their daily life will probably be able to do so without difficulty. Given the simplicity of the words and the lessons themselves, anybody can be interested in this unusual story. More experienced readers will not be disappointed either, as there is an abundance of philosophical references and details that are not needed for comprehension but definitely add to the depth of the thinking. You will discover something new every time you reread a passage.
    Dan’s thoughts and actions are always fully described, whereas Socrates’ remain mysterious. Who is he really? Another character that will play an important role in the story is Joy, a beautiful and enigmatic woman who will help Dan on his journey. I will not say more about her in order not to spoil the story.
    Overall, I liked the book, although some passages were a little too philosophical for me, especially at the beginning. The writing style, however, was rather easy to read and agreeable. I am glad that the story covers Dan’s life on such a long period, even if I found the end (book three) a little disappointing because it was quick and lacked details, especially about his journey round the world… which means I will have to read the next book soon to find out what happens there.
    The relationships between the characters are interesting as well. Of course, Socrates and Dan are the most important ones, but as Dan’s learning skills improve and as he takes in the lessons Socrates teaches him, we can see how his relationships to other people evolve as well. I found the end satisfying because it is open for interpretation. Did the whole story really take place? Or only some of it? And how can various mysterious events be explained? I let you read the book and decide for yourself!
    Way of the peaceful warrior is a great book that is worth reading if you are interested in philosophy. People who want action and mere description of an athlete’s life may not find what they are looking for in this novel. However, even if you are not used to that kind of reading – as was the case for me – have a try, you might be quite surprised.


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  • Shrewsbury, English Bridge


    Auteur: Monica Kristensen
    Titre original : Kullunge (norvégien)
    Traducteur: Loup-Maëlle Besançon
    Date de publication: 2008 (traduction française: 2011)
    Editions: Gaïa éditions
    Pages: 269
    Mon avis
    * La lumière ne va pas tarder à revenir, et puis, ce sera le soleil de minuit et l'été. Et comme chacun sait, le Svalbard est alors un autre pays.*

    Longyearbyen... un nom plutôt énigmatique pour cette capitale minuscule nichée dans l'archipel du Svalbard et plongée une grande partie de l'hiver dans la nuit polaire. Au jardin d'enfants - pourtant bien surveillé - les petits aiment chahuter et se cacher sous la maison, entre les pilotis dissimulés par un épais manteau neigeux. Quand la petite Ella disparaît, c'est l'effroi. Comment une ville d'à peine deux mille âmes peut laisser disparaître ses enfants?
    C'est le branle bas de combat au commissariat plutôt habitué à une certaine routine: les chasses à l'ours en scooter des neiges - leurs couloirs migratoires menacent régulièrement de traverser la ville -, les petits trafics des pêcheurs contrebandiers ou les conflits syndicaux à la mine de charbon qui surplombe la ville et fait vivre de nombreuses familles.
    Quand le père d'Ella disparaît à son tour, les langues se délient? Victime ou coupable? Les rumeurs fusent et l'inquiétude se répand dans les maisons comme une traînée de poudre.
    Le sixième homme, première traduction française de la romancière Monica Kristensen, a pour cadre l'archipel de Svalbard. C'est dans cet univers inhabituel, plongé une grande partie de l'année dans la nuit polaire que la petite Ella disparaît du jardin d'enfants. Cet événement constitue le point de départ d'une intrigue en huis-clos qui tiendra le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages. Dans un milieu aussi fermé que Longyearbyen, où tout le monde se connaît, personne ne veut croire à un enlèvement. On fait des hypothèses: c'est peut-être son père qui est venu la chercher. Ou alors, c'est l'inconnu qui observait les enfants qui l'a emmenée. La police, plutôt habituée à protéger la ville des ours polaires, à démasquer de petits contrebandiers ou à régler des disputes conjugales, se voit obligée d'agir rapidement en raison du froid extrême qui règne dans la ville. D'autant plus que le père de la fillette est introuvable.
    Nul besoin de meurtres sanglants pour maintenir le suspense. Monica Kristensen, glaciologue ayant vécu au Svalbard pendant de nombreuses années, n'a pas choisi cet endroit au hasard. Dans son roman, elle utilise ses connaissances pour entremêler plusieurs histoires qui se déroulent sur une période de quelques mois. Chaque chapitre possède en tête la date et l'heure des événements pour nous aider à nous repérer. Ainsi, nous sommes plongés dans la réalité de la vie arctique. 
    La neige qui recouvre tout contraste avec la nuit qui règne sur la ville et avec l'exploitation du charbon, de laquelle dépend tout la région. Tous les habitants sont, d'une manière ou d'une autre, lié aux mines, aux dangers que le travail sous terre représente, au revenu économique qui en provient, ainsi qu'aux légendes qui les entourent. Dans cette petite communauté, où l'on arrive pour des raisons précises, mais où l'on ne reste généralement pas indéfiniment, l'anonymat n'existe pas. La solidarité est nécessaire pour survivre aux conditions difficiles du climat polaire. La disparition de la petite Ella sert en quelque sorte de prétexte pour décrire cet univers si différent du nôtre. De l'économie basée sur le charbon ou la pêche aux tempêtes qui menacent les habitants de l'archipel, en passant par la nature et ses ours polaires et rennes, le braconnage et la contrebande, aucun aspect du décor du Svalbard n'est laissé de côté. 
    Les amateurs de gros suspense, de thrillers américains et de romans noirs purs seront peut-être quelque peu déçus, mais les autres trouveront sans aucun doute leur bonheur dans ce livre. La couverture est magnifique et le grand format - qui est d'ailleurs une nouveauté de Gaïa Editions - rendent la lecture très agréable. Les épigraphes qui précèdent certains des chapitres nous plongent encore plus profondément sous terre avec les mineurs et le sixième homme, le fantôme des mines.
    Il est vrai qu'au début, il est parfois un peu difficile de se repérer entre les personnages et les différentes histoires (et ce malgré les dates), mais dans ce roman qui va bien au-delà de l'intrigue policière on parvient finalement, au fil de notre lecture, à faire les liens qui nous permettent de résoudre l'intrigue.


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